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Arvo PART
Paide, Estonie, 11 septembre 1935

Voir Johannes passion
La célébrité d'Arvo Part ne va pas sans ambihuité : détesté ou adulé pour son minimalisme immédiatement reconnaissable et qui n'emprunte rien au folklore de son pays, ce compositeur est l'un des rares musiciens contemporains à avoir accédé à une gloire universelle.
Arvo Pärt nous vient de la lointaine Estonie où il naquit en le 11 septembre 1935 à Paide. Le glacis soviétique était là aussi, plus prégnant que toutes le glaces de l'hiver. Les glaciations étaient bien dans les têtes, et malheur aux croyants et aux "modernes" qui osaient écouter ou faire sourdre d'eux des vilenies occidentales.
Ces musiques reprennent des structures fondamentales de la musique tonale, les triades mineures, en particulier, en leur donnant un rôle nouveau où la simplicité et la clarté dominent. Ceci implique le rejet des dramatisations diatoniques, du discours, l’abandon des artifices usuels du développement dynamique. Au développement classique, nœud du drame, se substituent des séquences d’épisodes peu différenciés, par couches, en cercles ou en spirales mais jamais en vecteurs contraignants, tendus vers un but. C’est une musique de l’éternel recommencement dans l’indifférence du temps et la complicité du silence. Cette simplicité du minimum, cette sérénité lumineuse exaltant le silence intérieur, paraissent chargés d’une dimension mystique, révélatrice d’une vérité hors du temps. (Frans C. Lemaire)
1957-1967 Travaille comme ingénieur du son à la radio tout en étudiant au Conservatoire de Tallin notamment avec Heino Eller, où il écrit ses premières partitions d’orchestre.
1962 Obtient le Premier prix de composition de Moscou, prélude à une alternance d’honneurs officiels et de censures, ces dernières provoquées par le caractère mystique qui inspire ses œuvres.
1963 Obtient son diplôme de composition et passe par une période essentiellement sérielle, Perpetuum Mobile pour orchestre, Diagrammid (1964) pour piano, Première Symphonie (1964), Collage sur Bach (1964), Pro et Contra (1966) qui s’achève en 1968 avec Credo ; il découvre alors le chant grégorien.
1972-1976 Abandonne le sérialisme, cesse de composer, et se consacre à l’étude des débuts de la polyphonie européenne et, plus particulièrement, la musique chorale française et franco-flamande des XIVè, XVè et XVIè siècles.
1976 Für Alina, pour piano inaugure sa nouvelle démarche tournée vers l’intemporalité que nous connaissons aujourd’hui : Cantus in memoriam Benjamin Britten (1976), Fratres (1977), Tabula rasa (1977), Spiegel im Spiegel (1978), ses nouvelles œuvres suscitent l’admiration de Gidon Kremer, Keith Jarrett et Steve Reich..
1980 Quitte l’Estonie pour Vienne, avec sa femme et ses deux enfants et acquiert la nationalité autrichienne, Concerto de Noël, pour violon, violoncelle et orchestre de chambre.
1982 S’installe à Berlin-Ouest, Passio (Passion selon Saint Jean).
1983-90 Sarah was ninety years old, pour voix solistes, orgue et percussion.
1990-92 Berliner Messe, pour solistes, chœur et orchestre de chambre.
1991 Introductory Prayers, pour orchestre à cordes, Silouans song, pour orchestre.
BIBLIOGRAPHIE
Frans C. Lemaire, La musique du XXè siècle en Russie (Fayard)
Mais qui veut brûler Arvo Pärt ? : dossier de la revue Compact (octobre 1993)
SOURCES
Larousse de la musique
Baker-Slonimsky, Dictionnaire biographique des musiciens (Collection Bouquins)