Si la voix occupe chez Pascal Dusapin une place importante, notamment dans ses opéras, c'est la première fois que le choeur devient (élément central d'une de ses oeuvres : trois pièces composées entre 1992 et 1997, et rassemblées sous le titre Requiem(s). Dédié à la mémoire de la mère du compositeur, Granum sinapis, pour choeur a cappella sur des textesde Maître Eckart, est une invitation au recueillement : une musique lente, dépouillée, pour laquelle Dusapin préfère la dimension harmonique à l'articulation rythmique ou contrapuntique, tout comme dans Umbrae mortis, hommage funèbre au compositeur Francisco Guerrero, tandis que Dona eis ajoute sept instruments à vent au choeur (l'excellent Accentus de Laurence Équilbey) : de là un climat différent, où les voix et les vents, dans une grande diversité de nuances et de rythmes, donnent à cette méditation sur la mort une dimension tout à fait prenante, moins religieuse que mystique.
Richard Millet
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